Michel Bizet

Psychanalyste et Formateur

Êtes-vous victime d’escroquerie érotique sciemment ?

Antigone* est venue me consulter au sujet d'un doute qu'elle avait sur sa nouvelle relation avec Patrick. Elle, une jeune fille, la trentaine ; lui, un homme, la quarantaine, très prometteur.

Ainsi, Antigone, la première chose qui m’a confié était qu'elle avait trouvé l'amour de sa vie il y a un mois.  Je l'ai arrêtée immédiatement. Comment est-ce possible, s’agissant d’une récente connaissance ? Sa réponse fut révélatrice : en quinze jours à peine, Patrick lui a avoué sa passion et son amour pour elle en lui disant et en jurant sur les étoiles qu'elle était l'amour de sa vie, son âme sœur, l'épouse de ses enfants ! Patrick n’est pas resté là. Peu à peu, il a commencé à lui offrir des cadeaux, des fleurs, des chocolats et à lui envoyer des messages d'amour quotidiens pleins de promesses sur leur avenir. Il pensait déjà au mariage !

Mais la situation commença à lui faire mal, elle sentit qu'elle avait perdu tout contrôle, dans une relation qui avait débuté il y a un mois et qui allait plus vite qu'elle avait l’habitude – elle n'était pas une novice. Elle se demandait alors si elle avait été victime d'une escroquerie érotique et si c'était vraiment une supercherie à partir du moment où elle n'aurait pas pu imaginer cette évolution.

Pour aider Antigone à se débarrasser de cette question extrêmement pesante qui la tourmentait tellement qu'elle lui causait de l'anxiété, de l'insomnie et de la nervosité de sorte qu’elle devenue très dysfonctionnelle dans toutes ses activités, je lui ai posé une question simple : « Que ressentez-vous, vous pour lui ? » La réponse, bien qu'attendue, ressemblait à un tonnerre dans ses oreilles : « Je l'aime assez ». Elle était sûre de ses sentiments, mais le comportement de son compagnon ne lui laissait pas beaucoup de place pour que le paysage soit clair. Elle a été soumise à une sorte de bombardement émotionnel "dans toute sa splendeur", comme elle l'avait découvert par elle-même. Elle était en effet victime d’escroquerie érotique inconsciemment.

Vous vous demandez pourquoi ma conclusion ne la discrédite pas complètement. Le contexte psychologique d'Antigone était beaucoup plus profond que l’on ne pourrait le penser. D'après ce qu'elle a dit, j'ai conclu qu'au moment où elle a rencontré Patrick, elle était si vulnérable qu'elle a cédé à son amour sans y penser davantage. Mais il y avait quelque chose d'encore plus profond. Elle a reconnu qu'elle n'était pas plus ou moins victime du même schéma en permanence, même si elle n’est "pas une novice".

Il y avait de nombreux problèmes, des traumas du passé, la relation problématique de ses parents qui l'ont nourrie avec de mauvais modèles, si je peux me permettre de le dire ainsi. Des blessures et des névroses accumulées qui l'ont poussée, d'une manière ou d'une autre, à se rendre inconsciemment dans une grande histoire d'amour avec chaque homme qu'elle connaissait. Mais à cause de la nature de cet amour qui, comme une bombe à retardement, attend un peu de temps avant d'éclater, la relation créée ne peut qu'être malade et perturbée.

Marie*, une autre étudiante âgée de vingt ans, m'a avoué quelque chose d'un peu différent, mais dans le même contexte d’escroquerie. Son partenaire lui avoue, après un mois de relation amoureuse, qu'il n'est jamais tombé amoureux d'elle ni ne comptait rester avec elle pour une longue période, mais qu'il passait simplement son temps avec elle jusqu'à ce qu'elle s'ennuie. Elle a décidé de rester avec lui parce qu'elle croyait depuis longtemps qu'elle le ferait « changer d'avis et voir ce que vaut une relation pour elle ». Vous vous rendez compte, bien sûr, que cet exemple n’est pas identique à l'exemple précédent. Maria a choisi d'être victime d’escroquerie, comme elle l'a avoué lorsqu'elle est venue me voir, mais elle ne savait pas qu'elle était victime d’escroquerie d'elle-même et lui avait fait part de ses besoins psychologiques plus profonds, de son insécurité et de sa crainte de ne pas être seule.

Dimitri*, que je connais depuis plusieurs années, m'a demandé s'il avait été victime d'une escroquerie puisqu'il "s’est mis dans une relation d'infidélité mutuelle", ce qui n'a jamais été convenu entre lui et sa compagne. Ma réponse a été relative aux conclusions précédentes. En admettant qu'il s’est réconcilié avec cette idée, cela signifie qu'il a accepté unilatéralement les termes d'un contrat qui permet à la fois d'être victime d’escroquerie et de tromperie érotique mutuelle. Rien ne se produit par accident ou ne découle de relations accidentelles et incertaines : tout devrait être une question de compréhension mutuelle et de réconciliation.

Si certains d'entre vous se sentent alors victimes, trompés ou exploités, je vous conseille au-delà d'un aperçu général de solliciter l'avis d'un conseiller en santé mentale et de lire mon premier article sur les pervers narcissiques qui donne matière à réflexion sur ce sujet. 

* Les noms ont été modifiés.


Alors il est temps d'agir ! Je vous attends du mardi au samedi de 11h à 19h pour vous donner les outils dont vous avez besoin vers le chemin du bonheur !
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© Michel Bizet, 2020

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