Michel Bizet

Psychanalyste - Conseiller en santé mentale

Le profil d'un pervers narcissique

Les manipulateurs ou pervers narcissiques sont un peu partout. En couple, au travail, en famille: ça peut être un conjoint, un ami, un proche, un patron, un membre de la famille… Ils paraissent sympathiques et adorables, mais ils sont plutôt réservés; ils ont tout pour plaire à tout le monde grâce à leur charme et leur flatterie.

Toutefois le contact avec ces personnes peut se révéler dévastateur dû au caractère toxique de leur rapport aux autres: malaise, culpabilisation et dévalorisation sont les symptômes les plus alarmants d’une telle fréquentation. Ces personnes atteintes de cette pathologie ont un seul but: en écrasant notre personnalité, ils se sentent supérieurs. Mais quels sont les signes révélateur d’une telle personne toxique ?

Tout d’abord, le pervers narcissique n’a jamais tort. Les phrases récurrentes “je n’ai jamais tort!” ou “j’ai toujours raison!” sont un indice indéniable de ce type de personnalité. En même temps, le pervers narcissique cherche à tout prix à éviter les conflits pour donner toujours la meilleure image de lui et afin de ne jamais révéler sa culpabilité, il la fait porter à quelqu’un d’autre.

Nous pourrions évoquer le terme de “double personnalité” pour ce genre de trouble de la personnalité. En effet, le pervers narcissique ne refoule jamais ses pulsions de peur qu’il ait à subir une souffrance morale profonde. Pour se débarrasser de toute culpabilité, par le biais de “l’identification projective”, rejette sa faute sur l’autre et passe pour la victime, pour celui qui souffre à cause des choses qu’il a subies par son conjoint, son ami, ses proches etc et garde toujours la meilleure image extérieure de lui.

Mais la meilleure arme du pervers narcissique, c’est la parole; détournée, contournée, malmenée. Ainsi, le langage sert-il d’instrument privilégié du manipulateur non seulement pour avoir l’impression du contrôle sur les autres, mais aussi pour se valoriser à l’infini.
Dans ce sens-là, le pervers narcissique a un autre outil plus dévastateur: il doit rabaisser l’autre pour se valoriser car le terme narcissique implique l’amour démesurée que l’on porte pour soi. Il essaie de collectionner de beaux objets ou entretenir des relations avec des personnes très séduisantes dans un but purement pervers: donner l’impression qu’il est très important. Il acquiert ainsi un pouvoir et une importance vis-à-vis des autres car sa victime, rabaissée, culpabilisée et contrôlée, semble être complètement dérangée dans son entourage.

La victime “dérangée” doit être également isolée pour être mieux contrôler. Si la victime reste sous l’emprise du pervers narcissique pour très longtemps, elle lui est très difficile de prendre conscience de la situation anormale et a des difficultés à rompre le lien de subordination perverse qui lui a été infligé.

Toutefois, le caractère éphémère du pouvoir exercé sur la victime est une source d’angoisse pour le pervers narcissique qui essaie à tout prix à dévaloriser davantage sa victime et à rejeter la faute sur elle de peur d’être abandonné.

Enfin, le meilleur moyen pour arriver à ses fins, c’est la diversion: en se servant d’une tierce personne (ou de plusieurs personnes de son entourage), il commence à dénigrer sa victime se mettant ainsi à l’abri et gardant en même temps la meilleure image extérieure de lui.
Bref, pour sortir de son emprise, nous pouvons nous servir de plusieurs conseils des psychanalystes et psychologues renommés se mettant d’accord sur les points suivants:

- renouer avec vos proches en leur expliquant les événements
- arrêter de se justifier même devant tout le monde car le pervers narcissique se sent toujours en position de force
- oser le détester car ce deuil peut être salutaire
- s’éloigner et ne plus avoir aucun contact avec lui car lui infliger à votre tour des attaques ferait de vous également un pervers narcissique.

Bibliographie indicative
Jean-Charles Bouchoux, Les pervers narcissiques Qui sont-ils? Comment fonctionnent-ils? Comment leur échapper?, Eyrolles, 2013.
Isabelle Nazare-Aga,
Manipulateurs sont parmi nous, éditions de l’Homme, 1997.

© Michel Bizet, 2019

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